Le magasin avait tout de même pas l’air trop accueillant avec tout le bordel étalé partout sur le trottoir. Mais bon, je me décidais à entrer quand même. À l’intérieur, c’était le même foutoir, comme si Katrina était venue faire ses emplettes un mercredi de soldes. Il me fallait trouver de quoi assurer ma survie encore quelques temps, donc, de la bouffe et de quoi essayer de me défendre. Je me dirigeais donc vers le rayon camping, au fond du magasin, là où il fait tout noir, parce que sinon, c’est pas drôle.
Et c’est à ce moment que je remarque le bruit. Un bruit qui s’était glissé dans un coin de mon esprit quand je suis rentré dans le magasin, et qui s’est décidé à manifester sa présence, me signalant gentiment qu’il était sur ma gauche, et que, putain, il était pas loin, et que, putain, son origine n’augurait rien de bon, et que je ferais mieux de mettre les bouts.
En m’approchant, je découvris que ça venait du rayon fitness. Je me dis que c’était sûrement un zombie qui faisait du vélo d’appart’ , histoire de me faire rire, parce que de toutes façons, je pouvais faire rire que moi, parce que de toutes façons, j’étais tout seul.
Et c’était bien un putain de zombie qui faisait du vélo d’appartement. Mais attention, du zombie de classe supérieure : des cheveux blonds fadasses, un débardeur dégueulasse, un jogging rose fluo tout aussi dégueulasse, et un poids avoisinant les 90 kilos (au jugé hein). Le pauvre vélo avait l’air de souffrir le martyr, je le lisais à la façon dont sa roue avant me regardait. Par contre, la grosse morte-vivante en avait rien à carrer de ma présence, toute concentrée qu’elle était à pédaler encore et toujours. C’était assez déconcertant de voir ça, mais bon, je commençais à ne plus m’étonner de rien.
Ah si, un truc qui m’a étonné un peu, c’est la vélocité que ne laissait pas imaginer la corpulence de cette aimable zombie, quand elle à sauté du vélo pour me sauter dessus après que je me sois cassé la gueule en reculant dans un présentoir. Tout en tombant en bullet-time , j’ai eu le temps de me dire « et merde. » en entendant le barouf que je faisais, de voir la zombie s’arrêter de pédaler, me regarder, dire « groar », et sauter de son vélo, en oubliant par contre ses mains qui étaient restées fermement accrochées au guidon. La dernière vision que j’ai eue avant de fermer les yeux et de me pisser dessus, c’est une énorme zombie en jogging rose qui me surplombait en agitant ses moignons et en me montrant sa dentition parfaite à 10 000 balles.
Et la dernière chose que j’ai entendue, c’est un coup de feu, qui à heureusement coïncidé avec l’arrêt des grognements de mon assaillante. Assaillante qui ne s’est pas privée de me faire profiter de ses 90 kilos de chair purulente, néanmoins amputés d’une partie de la tête, partie que s’est retrouvée en partie sur mon visage.
J’aurais pas du rouvrir les yeux à ce moment là , parce que j’ai fait la plus grosse connerie du monde en ce genre de situation : je me suis évanoui.