Survivant #1

par Scorflex, dans Excursion

J’avais beau faire le fanfaron dans mon appartement, relativement en sécurité,  j’en menais pas large à l’idée de jouer le casse-croûte ambulant jusqu’au magasin de sport. Et je m’efforçais d’oublier l’idée de ma petite amie qui m’attendais, tremblotante, dans son appartement, ses seins tressautant délicieusement sous son t-shirt à chaque mouvement d’épaule, chaque frisson la parcourant et putain je crois que je m’égare.

Déjà, un oeil à travers le judas, en espérant qu’il ne trahisse pas ma présence. Rien à signaler, j’entrouvre la porte, oh tiens bonjour monsieur le voisin qui mange un bout de madame la concierge, je referme la porte, je vais jamais m’en sortir vivant. Quoique. Il doit me rester un bout de steak dans le frigo, je pourrais peut être lui jeter en passant et m’enfuir pendant qu’il est occupé. Ouais, pas con. Aller-retour au frigo, mon morceau de barbaque à la main,  j’ouvre la porte de nouveau, avise le voisin qui me vise d’un regard qu’on réserve d’habitude à un bon petit plat. Au moment où il s’avance vers moi,  je lui jette le steak, en pleine gueule, j’entends un genre de « GRoaroumph? » sortir de sa bouche, et je me barre dans les escaliers en courant comme un dératé, sans regarder derrière moi, parce que forcément, descendre un escalier en courant tout en regardant derrière soi, c’est pas ce qui se fait mieux quand on à envie un jour  de voir grandir ses petits-enfants.

Deux étages et une tachycardie plus tard, j’aperçois dehors le facteur, qui n’a pas l’air de trop bouger, ce qui va pour me rassurer un peu. Je m’aventure sur le trottoir, tout en réfléchissant un peu: faut-il que que j’avance en loucedé, doucement, sans bruit, comme une loutre huileuse qui glisse dans l’eau d’une rivière, ou au contraire, foncer le plus vite possible en misant sur la non-capacité des zombies à coordonner correctement leurs jambes pour me poursuivre ? Où alors, faut-il que je rentre dans ce 4×4 vide de tout occupant mort ou vivant ou mort-vivant, dans lequel j’aperçois les clefs sur le contact ?

Cool, il à démarré du premier coup, y’a de l’essence, la chance semble me sourire un peu. Il est cool ce 4*4, avec cet énorme pare-buffle à l’avant comme si le précédent propriétaire allait chasser l’antilope tout les matins avant d’aller au travail. Ouais, il est gros ce pare-buffle. Ouais. Et il à l’air fragile ce zombie sur ma route. Ouais.

Sprotch.

D’un ricanement nerveux à tendance hystérique, j’ai enfoncé un peu plus l’accélérateur, sentant la tension s’évacuer pour être doucement remplacée par une espèce de folie au fur et à mesure que voltigeaient bras, jambes, mains, têtes, dans un ballet des plus chatoyant tandis que les essuies-glaces s’évertuaient à dégager le raisiné qui maculait mon champ de vision à travers le pare-brise. Ça m’a semblé durer une éternité, mais bientôt, j’aperçus devant moi le magasin de sport, les vitres fracassées , du matos partout sur le trottoir. Mais aucun signe de vie.

Pas très bon  tout ça.

Nils D. – Jardin de l’enfer infernal – survivant #2

par Dimsane, dans Reflexion

Il est définitivement impossible d’ouvrir un coffre blindé avec des fourchettes. C’est ce que j’ai conclu après avoir tordu la totalité des couverts de la maison pour tenter d’ouvrir ce putain de coffre. Ça valait quand même la peine d’essayer: Celui ci contient non pas une arme mais sept. J’aurais pu nettoyer le quartier avec ça.
Deux 22 Long, trois carabines a plomb (je m’imaginais déjà leur crever les yeux), un pistolet à plomb et enfin un 6 coups. Il n’y a pas à dire, mon père aime les armes. D’ailleurs, j’aimerais bien pouvoir en profiter… Les trois andouilles de devant vont finir par arracher les volets de mes fenêtres à force de taper dessus.

Tous les réseaux sont indisponibles, aucun moyen de savoir où est ma famille et la précieuse clé qui m’ouvrira ce bidule blindé. Ma dernière option reste de faire fondre les fourchettes tordues pour me forger un katana. Le hic c’est que je ne pense pas pouvoir atteindre la température de fusion avec la cuisinière.
Si seulement j’avais pu me débarrasser d’eux ce matin quand j’ai transféré le contenu de la chambre de mon frère sur leur gueule. La seul chose que j’ai réussi à faire c’est cribler leur sale tronche de composants électroniques et autres morceaux de meubles. C’est qu’ils sont solides ces zombies.

Désormais je ne voyais plus qu’une solution: les cabanes au fond du jardin. Hache, machette, disqueuse, tonçonneuse mais surtout un pied de biche ! (restons classique).
Environ quarante mètres de distance,  rien de bien dangereux à l’horizon. Juste mon chien. Mon chien bordel ! Il faut que je le bouge de là ! J’ouvre la fenêtre, saute sur le toit de la véranda, me suspend le long du mur et retombe sur la terrasse. Mon chien aboie de joie, je souris. Les buissons bougent accompagnés de hurlement terrifiant. C’est bien mon voisin qui me fonce dessus, un tournevis dans l’œil. Je n’ai pas le temps de réagir que mes jambes sont déjà en train de courir jusqu’aux cabanes; je n’ai pas pris les clés, je suis devant la porte, il court sur moi et n’a qu’une idée en tête; manger mon corps de rêve, déchirer mon magnifique visage d’ange, déguster mes superbe yeux vert foncé. Me bouffer le fion.

Chercheur

par Crevetolog, dans Le commencement

4h ce matin là, j’ai passé la nuit à vérifier mon protocole expérimental, il tient la route. Je pourrais aller me coucher pour faire l’expérience demain mais non, je suis décidément bien trop excité à l’idée des enjeux de cette expérience.
Je ne peux pas m’arrêter si près du but, j’entamerais l’expérience vers 4h15.

5h12, le tissu organique réagit bien, il semble croitre en symbiose avec le virus, le virus se repend à vitesse grand V au sein des cellules du tissu, en moins d’une heure la masse et la résistance du tissu ont considérablement augmenté.
J’ai arrêté d’alimenter le tissu en nutriments et le virus semble toujours progresser.

6h, le tissu réagit très bien, tellement qu’il a brisé ma lame, je nettoie ça un poil déçu de la faible résistance de ces lames.
De ma dernière observation, la structure du tissu n’avait pas changé comme je l’aurais voulu mais c’est assez encourageant pour continuer sur cette voie.
Fait plus intéressant, le virus a évolué au contact du tissu, de toute ma carrière de chercheur jamais je n’avais vu une mutation si rapide.

Je rentre chez moi épuisé mais content de l’expérience, les possibilités sont infinies et les premiers résultats prometteurs.
Après ces quinze années à me crever le cul pour la recherche, je sens mon heure de gloire arriver, un prix Nobel et une petite retraite ne seraient pas de trop.
La fatigue m’empêche presque de conduire et j’ai des démangeaisons le long du bras droit, vivement mon lit douillet.

Survivant #1

par Scorflex, dans Reflexion

J’ai mis du temps avant de décider quoi faire, au vu des multiples possibilités qui s’offraient à moi : rester cloîtré chez moi, à attendre mes voisins de palier zombifiés  faire une  réunion tupperware dans mon appart’ où je ferai office de produit de présentation, me casser de cet immeuble craignos pour aller dans la rue où j’aurai à peu près autant de chance de survie qu’un Congolais dans un meeting du klu klux klan ; voire me rouler en boule et pleurer en écoutant de la musique pour adolescents dépressifs et suicidaires.

Alors que je m’avançais vers ma chaîne hi-fi, un cd de Tokio Hotel en main, mon portable se mit à tintinnabuler joyeusement: y’a pas à dire, entendre la digue du cul dans ce genre de moments, ça réconforte son homme.

Grosse surprise, c’était ma copine.  En voyant ça, je me suis rappelé  que je voulais la larguer, du coup, je me suis dit que c’était un bon  moment pour le faire, entre deux attaques de zombies, elle verrait rien venir cette conne. J’ai décroché, et j’ai entendu un truc du genre « CHÉRIVIENSJAIPEURVITEVIENSCHÉRIJAIPEURVIENS » . Tout ça sans respirer, elle a bien fait honneur à sa grande capacité pulmonaire, un 95c qui m’a incité la choisir pour dulcinée.

Mais je m’égare.

J’ai donc décidé d’aller chez elle, heureusement qu’elle habitait à côté, à 10 minutes à pied. 10 minutes. Dans une putain de ville pleine de monstres sanguinaires affamés à moitié vivants ou à moitié morts, voire les deux à la fois. Fallait donc que je m’équipe avec ce que j’avais sous la main. Un tour dans la cuisine me paraissait approprié. Après un inventaire succinct de toutes les armes contondantes capables de défoncer du zombie à la chaîne , je me suis dit qu’un épluche-légumes et un décapsuleur, c’était pas forcément ce qu’on pouvait trouver de mieux.

Puis, telle une pâquerette poussant au milieu d’un étron, un souvenir est remonté à la surface de mon brillantissime esprit : Il y avait un magasin de sport sur la route, dans lequel je pourrai sûrement faire quelques emplettes, histoire que mon espérance de vie dépasse celle d’un tétraplégique largué sur l’autoroute un jour de départ en vacances.

Il était donc temps que je me mette en route, avec ma bite, mais sans couteau; en espérant ne pas finir dans trois estomacs différents au bout de 15 mètres parcourus.

Survivant #3

par Akimine, dans Le commencement

Le réveil affiche 11h47. Et merde, moi qui voulait me lever tôt pour aller faire quelque course à la supérette du quartier. Putain de Dimanche. Bon peu m’importe, je pars en quête de mon petit déjeuner matinal. J’ouvre le placard ainsi que le frigo, et en sort respectivement le cacao et le lait, puis referme le tout. Hop on mélange dans un bol, 1 minute 20 au micro-onde et ça roule. Zou ! direction la salle dans l’attente du saint-cacao chaud, je tire les rideaux, ouvre la fenêtre puis les volets. C’est à cet instant précis que je suis envahi d’une horreur sans égale : ces connards de pigeons en ont encore profité pour réduire mon superbe rebord de fenêtre en un amas de déjections putrides. Grommelant dans ma non-barbe, me préparant déjà à nettoyer tout ce bordel avec dégout, v’là-t’y pas qu’une de ces immondices à plume se pose sur mon rebord de fenêtre et commence à me narguer. Dans un petit (tout petit) excès de colère, je saisis le journal qui orne mon bureau, l’enroule sur lui-même, et me prépare à faire un home run à l’aide de mon ami le piaf. Au moment ou j’allais l’expulser rejoindre le saint-poulet, je me rends compte qu’un truc cloche avec cet oiseau…

Loin de me narguer, le pauvre animal a plutôt l’air mal en point. Son plumage est dérisoire, sa patte droite semble brisée, de profondes entailles sont visibles un peu partout sur son corps…et surtout…Il ne cesse de me regarder…De me regarder avec ses yeux blafards et haineux comme s’il voulait m’avaler tout entier…Comme si…

*BONK*

Et un home run, un ! Bordel, j’vais pas me laisser faire par un putain de piaf…Le temps de reprendre mes émotions après cette formidable aventure, je me dirige de nouveau vers la cuisine, où mon chocolat chaud m’attend patiemment. C’est là que ma journée bascula. Je faisais face à la fenêtre essayant de déterminer pourquoi celle-ci semblait si sombre…et organique. j’eus très vite la réponse, un amas d’oiseaux était en train de se mener une guerre sanglante. Des plumes volaient dans tous les sens, quand ce n’était pas des globes oculaires…Cette journée avait décidément quelque chose de louche. N’ayant plus très faim, je retournais regarder par le fenêtre de la salle ou un détail presque subliminal avait failli m’échapper. Les voitures qui défilent d’habitude sur les routes à toute allure sont aujourd’hui…Toutes à l’arrêt. Pas de signe non plus de piétons…C’est vraiment trop étrange, il y a un match de foot ou quoi ?

Prenant mon courage à deux mains, je sors de chez moi, prend l’ascenseur et me retrouve dans le hall. Je me faufile entre le mur et la voiture encastrée dans la porte d’entrée puis me retrouve à l’air libre. Toujours personne en vue. Je commence sérieusement à flipper, je décide de rejoindre la grande place où se tient le marché, il y aura forcément du monde là-bas.

Et du monde il y en avait…Éparpillé un peu partout, en train de se bouffer et de se massacrer les-uns-les-autres dans une mare d’hémoglobine. A la vue de ce massacre, mon estomac a décidé de dire bonjour au trottoir, tandis que mes jambes ont cru bon de ne plus vouloir me soutenir. Pendant ce temps mon cerveau faisait le point sur la situation. Et ouaip.

Je suis dans un monde entouré de zombies.

Et ils ont pas l’air content.

Nils D. – Chaine alimentaire – survivant #2

par Dimsane, dans Le commencement

C’était une journée normale , juste ça. Une journée passée devant mon ordinateur à bosser sur… On va dire des trucs. Puis voilà que j’entends une femme hurler d’abord une première fois, une seconde et enfin une sorte de grognement étouffé suivit d’un long gémissement rappelant sensiblement un orgasme. Du moins, ça y ressemblait et moi comme un con, je rigolais. La plupart du temps je suis assez indifférent à l’environnement extérieur mais là, c’était trop tentant, il fallait que je bouge mon cul pour aller voir ça.

J’étais debout comme un gland devant la fenêtre de l’étage qui donne sur la rue. Première constatation; une voiture au milieu de la route, les portières ouvertes, beaucoup de sang, personne. Ok, je capte rien. Un raisonnement personnel me conduit à une déduction des plus brillantes;  je suis le principal témoin auditif d’une affaire de meurtre ! Rien avoir donc, avec un orgasme. Légère déception.

Sauf que non, je n’étais pas le seul témoin, puisqu’une femme venait de sortir d’un buisson, à moité couverte de merde et, avec une hésitation qui laissait croire qu’elle avait tout vu. Ça, c’est ce que je me suis dit les 10 premières secondes juste avant de la voir se jeter sur un cycliste qui passait par là. Il voulait probablement lui venir en aide,  mais à première vue tout ce qu’elle voulait, c’était manger. Elle lui arracha d’abord l’oreille tout en le frappant violemment contre le sol.  La fenêtre était entrouverte et j’entendis son crâne se fendre contre le bitume ainsi que les petits gémissements qu’il arrivait encore à produire avant que la femme ne lui dévore la moitié du cou.

Un meurtre, une femme cannibale, un cycliste d’une trentaine d’année avec un sac-à-dos Pikachu… Les faits s’étaient fortement complexifiés. Nouvelle analyse; La gonzesse en jupe devait être la conductrice de la voiture, elle avait faim et a donc mangé un cycliste. Ça m’avait l’air un peu tordu malgré tout.

Dans cette histoire, rien n’était clair. J’étais dans le brouillard complet jusqu’au moment où j’ai aperçu le jogger rampant derrière la voiture de la blonde, les genoux ne semblant pas fonctionner dans le même sens qu’un homme normalement constitué;  son prochain marathon il le fera en chaise roulante. La solution tomba d’un seul coup. D’abord l’accident, l’homme qui était au milieu de la route mord la conductrice en faute, la conductrice hurle et se réfugie dans le buisson puis mange le cycliste ignorant qui passait par là.  Ils étaient donc tout les trois mort… Techniquement. Pourtant ils me regardaient, ils venaient vers moi. J’ai compris.

Je suis dans un monde entouré de zombies.

Et ils ont pas l’air content.

Survivant #1

par Scorflex, dans Le commencement

Trois semaines. Trois semaines que ce putain de bordel a commencé. Trois semaines depuis ce matin, où, alors que  je dormais du sommeil du juste, après m’être enquillé une bouteille de Balvenie 12 ans d’âge , j’ai été réveillé par un putain de hurlement à faire flipper un inquisiteur sourd et muet. Déjà que j’aime pas me faire réveiller par quelqu’un d’autre que mon réveil, là, j’étais carrément pas jouasse avec mon cerveau qui cognait sur mon crâne, des fois que j’aurais oublié sa présence.

En fait, je me demande si je me suis bien réveillé ce jour-là. J’ose espérer que je pionce encore, cuvant mon whisky dans mon plumard. Mais je crois bien que l’espoir s’est barré au moment où j’ai ouvert mes volets, et que j’ai vu la vioque du troisième en train de bouffer ce con de facteur. J’ai jamais pu blairer ce connard avec sa gueule de rat neurasthénique, incapable de sonner  à une porte pour filer un colis, mais ça fait quand même un sacré choc. Surtout que bon, la vieille, elle est pas du genre belliqueuse, et en plus, elle est gaulée comme une asperge, ça m’a fait un peu bizarre de la voir coller une beigne au facteur qui avait l’air de se débattre un peu trop à son goût.

À son goût, le facteur devait y être, vu qu’elle lui a bouffé les deux jambes, laissant l’autre partie du corps au milieu de la route. Me doutant que y’avait comme un truc de pas normal, j’ai pris mon téléphone pour appeler les flics.

Ok. Toutes les lignes sont occupées.

J’allume la radio. Là, un présentateur complètement hystérique qui braille des trucs dans son micro (putain, je savais que la coke ça faisait des ravages, mais à ce point là…), j’entrave que dalle à ce qu’il raconte, je saisis juste les mots « folie collective, morts qui se relèvent, gens qui en mangent d’autre« , et surtout un truc du genre «  OH MON DIEU ILS ONT FORCÉ LA PORTE DU STUDAARGHLLL » enchainé par des bruits de mastication, c’était un tantinet dégueulasse, c’est à ce moment là que mon estomac à pris le relais de mon cerveau pour me rappeler à son bon souvenir, et que j’ai été dégueuler.

Ça commençait à s’éclaircir dans ma tronche, je suis retourné à  la fenêtre, avec un léger sentiment de paranoïa qui commençait à poindre le bout de son pif.

Ah. Deuxième choc.

Oui, parce que voir le facteur qui rampait sur les coudes pour attraper sa propre jambe et finir de la manger, c’est un peu dérangeant. et là, je crois que j’ai compris.

Je suis dans un monde entouré de zombies.

Et ils ont pas l’air content.