Nils D. – Jardin de l’enfer infernal – survivant #2

Il est définitivement impossible d’ouvrir un coffre blindé avec des fourchettes. C’est ce que j’ai conclu après avoir tordu la totalité des couverts de la maison pour tenter d’ouvrir ce putain de coffre. Ça valait quand même la peine d’essayer: Celui ci contient non pas une arme mais sept. J’aurais pu nettoyer le quartier avec ça.
Deux 22 Long, trois carabines a plomb (je m’imaginais déjà leur crever les yeux), un pistolet à plomb et enfin un 6 coups. Il n’y a pas à dire, mon père aime les armes. D’ailleurs, j’aimerais bien pouvoir en profiter… Les trois andouilles de devant vont finir par arracher les volets de mes fenêtres à force de taper dessus.

Tous les réseaux sont indisponibles, aucun moyen de savoir où est ma famille et la précieuse clé qui m’ouvrira ce bidule blindé. Ma dernière option reste de faire fondre les fourchettes tordues pour me forger un katana. Le hic c’est que je ne pense pas pouvoir atteindre la température de fusion avec la cuisinière.
Si seulement j’avais pu me débarrasser d’eux ce matin quand j’ai transféré le contenu de la chambre de mon frère sur leur gueule. La seul chose que j’ai réussi à faire c’est cribler leur sale tronche de composants électroniques et autres morceaux de meubles. C’est qu’ils sont solides ces zombies.

Désormais je ne voyais plus qu’une solution: les cabanes au fond du jardin. Hache, machette, disqueuse, tonçonneuse mais surtout un pied de biche ! (restons classique).
Environ quarante mètres de distance,  rien de bien dangereux à l’horizon. Juste mon chien. Mon chien bordel ! Il faut que je le bouge de là ! J’ouvre la fenêtre, saute sur le toit de la véranda, me suspend le long du mur et retombe sur la terrasse. Mon chien aboie de joie, je souris. Les buissons bougent accompagnés de hurlement terrifiant. C’est bien mon voisin qui me fonce dessus, un tournevis dans l’œil. Je n’ai pas le temps de réagir que mes jambes sont déjà en train de courir jusqu’aux cabanes; je n’ai pas pris les clés, je suis devant la porte, il court sur moi et n’a qu’une idée en tête; manger mon corps de rêve, déchirer mon magnifique visage d’ange, déguster mes superbe yeux vert foncé. Me bouffer le fion.

Survivant #1

J’ai mis du temps avant de décider quoi faire, au vu des multiples possibilités qui s’offraient à moi : rester cloîtré chez moi, à attendre mes voisins de palier zombifiés  faire une  réunion tupperware dans mon appart’ où je ferai office de produit de présentation, me casser de cet immeuble craignos pour aller dans la rue où j’aurai à peu près autant de chance de survie qu’un Congolais dans un meeting du klu klux klan ; voire me rouler en boule et pleurer en écoutant de la musique pour adolescents dépressifs et suicidaires.

Alors que je m’avançais vers ma chaîne hi-fi, un cd de Tokio Hotel en main, mon portable se mit à tintinnabuler joyeusement: y’a pas à dire, entendre la digue du cul dans ce genre de moments, ça réconforte son homme.

Grosse surprise, c’était ma copine.  En voyant ça, je me suis rappelé  que je voulais la larguer, du coup, je me suis dit que c’était un bon  moment pour le faire, entre deux attaques de zombies, elle verrait rien venir cette conne. J’ai décroché, et j’ai entendu un truc du genre « CHÉRIVIENSJAIPEURVITEVIENSCHÉRIJAIPEURVIENS » . Tout ça sans respirer, elle a bien fait honneur à sa grande capacité pulmonaire, un 95c qui m’a incité la choisir pour dulcinée.

Mais je m’égare.

J’ai donc décidé d’aller chez elle, heureusement qu’elle habitait à côté, à 10 minutes à pied. 10 minutes. Dans une putain de ville pleine de monstres sanguinaires affamés à moitié vivants ou à moitié morts, voire les deux à la fois. Fallait donc que je m’équipe avec ce que j’avais sous la main. Un tour dans la cuisine me paraissait approprié. Après un inventaire succinct de toutes les armes contondantes capables de défoncer du zombie à la chaîne , je me suis dit qu’un épluche-légumes et un décapsuleur, c’était pas forcément ce qu’on pouvait trouver de mieux.

Puis, telle une pâquerette poussant au milieu d’un étron, un souvenir est remonté à la surface de mon brillantissime esprit : Il y avait un magasin de sport sur la route, dans lequel je pourrai sûrement faire quelques emplettes, histoire que mon espérance de vie dépasse celle d’un tétraplégique largué sur l’autoroute un jour de départ en vacances.

Il était donc temps que je me mette en route, avec ma bite, mais sans couteau; en espérant ne pas finir dans trois estomacs différents au bout de 15 mètres parcourus.