Survivant #1

Trois semaines. Trois semaines que ce putain de bordel a commencé. Trois semaines depuis ce matin, où, alors que  je dormais du sommeil du juste, après m’être enquillé une bouteille de Balvenie 12 ans d’âge , j’ai été réveillé par un putain de hurlement à faire flipper un inquisiteur sourd et muet. Déjà que j’aime pas me faire réveiller par quelqu’un d’autre que mon réveil, là, j’étais carrément pas jouasse avec mon cerveau qui cognait sur mon crâne, des fois que j’aurais oublié sa présence.

En fait, je me demande si je me suis bien réveillé ce jour-là. J’ose espérer que je pionce encore, cuvant mon whisky dans mon plumard. Mais je crois bien que l’espoir s’est barré au moment où j’ai ouvert mes volets, et que j’ai vu la vioque du troisième en train de bouffer ce con de facteur. J’ai jamais pu blairer ce connard avec sa gueule de rat neurasthénique, incapable de sonner  à une porte pour filer un colis, mais ça fait quand même un sacré choc. Surtout que bon, la vieille, elle est pas du genre belliqueuse, et en plus, elle est gaulée comme une asperge, ça m’a fait un peu bizarre de la voir coller une beigne au facteur qui avait l’air de se débattre un peu trop à son goût.

À son goût, le facteur devait y être, vu qu’elle lui a bouffé les deux jambes, laissant l’autre partie du corps au milieu de la route. Me doutant que y’avait comme un truc de pas normal, j’ai pris mon téléphone pour appeler les flics.

Ok. Toutes les lignes sont occupées.

J’allume la radio. Là, un présentateur complètement hystérique qui braille des trucs dans son micro (putain, je savais que la coke ça faisait des ravages, mais à ce point là…), j’entrave que dalle à ce qu’il raconte, je saisis juste les mots « folie collective, morts qui se relèvent, gens qui en mangent d’autre« , et surtout un truc du genre «  OH MON DIEU ILS ONT FORCÉ LA PORTE DU STUDAARGHLLL » enchainé par des bruits de mastication, c’était un tantinet dégueulasse, c’est à ce moment là que mon estomac à pris le relais de mon cerveau pour me rappeler à son bon souvenir, et que j’ai été dégueuler.

Ça commençait à s’éclaircir dans ma tronche, je suis retourné à  la fenêtre, avec un léger sentiment de paranoïa qui commençait à poindre le bout de son pif.

Ah. Deuxième choc.

Oui, parce que voir le facteur qui rampait sur les coudes pour attraper sa propre jambe et finir de la manger, c’est un peu dérangeant. et là, je crois que j’ai compris.

Je suis dans un monde entouré de zombies.

Et ils ont pas l’air content.