Le réveil affiche 11h47. Et merde, moi qui voulait me lever tôt pour aller faire quelque course à la supérette du quartier. Putain de Dimanche. Bon peu m’importe, je pars en quête de mon petit déjeuner matinal. J’ouvre le placard ainsi que le frigo, et en sort respectivement le cacao et le lait, puis referme le tout. Hop on mélange dans un bol, 1 minute 20 au micro-onde et ça roule. Zou ! direction la salle dans l’attente du saint-cacao chaud, je tire les rideaux, ouvre la fenêtre puis les volets. C’est à cet instant précis que je suis envahi d’une horreur sans égale : ces connards de pigeons en ont encore profité pour réduire mon superbe rebord de fenêtre en un amas de déjections putrides. Grommelant dans ma non-barbe, me préparant déjà à nettoyer tout ce bordel avec dégout, v’là-t’y pas qu’une de ces immondices à plume se pose sur mon rebord de fenêtre et commence à me narguer. Dans un petit (tout petit) excès de colère, je saisis le journal qui orne mon bureau, l’enroule sur lui-même, et me prépare à faire un home run à l’aide de mon ami le piaf. Au moment ou j’allais l’expulser rejoindre le saint-poulet, je me rends compte qu’un truc cloche avec cet oiseau…
Loin de me narguer, le pauvre animal a plutôt l’air mal en point. Son plumage est dérisoire, sa patte droite semble brisée, de profondes entailles sont visibles un peu partout sur son corps…et surtout…Il ne cesse de me regarder…De me regarder avec ses yeux blafards et haineux comme s’il voulait m’avaler tout entier…Comme si…
*BONK*
Et un home run, un ! Bordel, j’vais pas me laisser faire par un putain de piaf…Le temps de reprendre mes émotions après cette formidable aventure, je me dirige de nouveau vers la cuisine, où mon chocolat chaud m’attend patiemment. C’est là que ma journée bascula. Je faisais face à la fenêtre essayant de déterminer pourquoi celle-ci semblait si sombre…et organique. j’eus très vite la réponse, un amas d’oiseaux était en train de se mener une guerre sanglante. Des plumes volaient dans tous les sens, quand ce n’était pas des globes oculaires…Cette journée avait décidément quelque chose de louche. N’ayant plus très faim, je retournais regarder par le fenêtre de la salle ou un détail presque subliminal avait failli m’échapper. Les voitures qui défilent d’habitude sur les routes à toute allure sont aujourd’hui…Toutes à l’arrêt. Pas de signe non plus de piétons…C’est vraiment trop étrange, il y a un match de foot ou quoi ?
Prenant mon courage à deux mains, je sors de chez moi, prend l’ascenseur et me retrouve dans le hall. Je me faufile entre le mur et la voiture encastrée dans la porte d’entrée puis me retrouve à l’air libre. Toujours personne en vue. Je commence sérieusement à flipper, je décide de rejoindre la grande place où se tient le marché, il y aura forcément du monde là-bas.
Et du monde il y en avait…Éparpillé un peu partout, en train de se bouffer et de se massacrer les-uns-les-autres dans une mare d’hémoglobine. A la vue de ce massacre, mon estomac a décidé de dire bonjour au trottoir, tandis que mes jambes ont cru bon de ne plus vouloir me soutenir. Pendant ce temps mon cerveau faisait le point sur la situation. Et ouaip.
Je suis dans un monde entouré de zombies.
Et ils ont pas l’air content.